Fabrice MAUCCI - Démocratie Ecologie Solidarités

Pour une gauche réformiste, rénovée et décomplexée. Pour débattre à toutes les échelles, d'Aix-les-Bains (Savoie) à la planète entière

31 mars 2007

Jetons les sondeurs, pas les sondages !

A 22 jours du premier tour de l'élection présidentielle de 2007, notre pays continue de vivre en schizophrénie sondagière permanente. Les sondages d'intentions de vote - plus que les enquêtes d'opinion "qualitatives" - la France en raffole comme aucune autre nation. Depuis janvier il s'en publie au bas mot un par jour. Si les journaux qui les commandent le font à ce rythme, c'est d'une manière ou d'une autre que nos concitoyens adhèrent à la démarche, y trouvent un intérêt et des réponses fiables aux questions qu'ils se posent. Curieusement cependant, cette France est dans le même temps toute disposée à suspecter ces sondages d'une totale inefficacité ou à les juger potentiellement manipulateurs.

C'est que 2002 est passée par là. Le "21 avril" n'a pas été que le séisme politique qui évinça la Gauche du second tour au profit de l'extrême-droite. Il figure rétrospectivement comme une rupture dans la confiance des Français envers les sondages, même si cela n'a pas fait reculer d'un iota notre "dépendance" à leur égard. Ce jour-là, le coup de bambou n'a pas seulement été le fait que Le Pen ait devancé Jospin (16,8 contre 16,1% des voix), mais il est aussi résulté du fait qu'un tel classement était totalement inattendu et absolument pas redouté comme il aurait du l'être. L'opinion publique ne se connaît pas, elle n'a une idée d'elle-même qu'à travers les sondages, et elle eut à cet instant l'impression d'avoir été trompée sur son "état". Au cas hautement probable où nous l'aurions oublié, rappelons que le dernier sondage SOFRES publié 3 jours avant le scrutin donnaient les deux protagonistes en question à 12,5 et 18%.

Pour partie néanmoins, la méfiance qui s'est instaurée depuis vis-à-vis des sondages n'est pas justifiée. Il a manqué, et il manque sans doute encore aux Français une "maturité sondagière", une formation à la lecture critique de ces données. Listons plusieurs points qui ont probablement posé problème sans qu'il en soit de la faute des sondeurs :

- tout d'abord les sondages annoncent qu'ils sont construits à partir d'un "échantillon représentatif de la population", mais on est en droit de se demander comment ils parviennent à le constituer. Quelle que soit la méthode utilisée, il faut en savoir beaucoup d'un individu et de la société pour être certain que l'un est le reflet d'une partie de l'autre préalablement définie et mesurée. Aujourd'hui, beaucoup discutent du fait qu'une part des Français ne peut être sondée, n'ayant pas de ligne téléphonique fixe, et que cette fraction correspond à des modes de consommation et de vie, donc à des choix politiques, qui sont probablement différents de la moyenne ou du reste des Français. Voilà qui peut inquiéter.

- deuxièmement, les sondages incluent une marge d'erreur, parfaitement admise par ceux qui les réalisent : + ou - 2 ou 3 points. D'un point de vue technique une telle fourchette est une belle performance puisqu'elle se limite à plus ou moins 1/5ème, 1/6ème, plus souvent même 1/10ème du poids total estimé pour chaque candidat au premier tour, et qu'elle est relativement plus réduite encore pour le second tour (en théorie...). Par contre, confrontés à l'enjeu et à l'attente de précision, renforcée par des scores présentés en demi-points, ces écarts deviennent énormes. Enormes mais furtifs. Car la presse et les acteurs politiques qui les commentent, ayant besoin de s'appuyer sur eux pour effectuer une nouvelle analyse , galvaniser ou alerter, s'en tiennent eux aux seuls chiffres donnés en gras, supposés de toute façon révélateurs du niveau moyen auquel les candidats sont attendus. Tout contribue donc à faire oublier  l'imprécision intrinsèque et incompressible des sonsages. Dans le cas de 2002, rajouter 3 points aux 12,5 prévus pour Le Pen et en enlever 3 aux 18 octroyés à Jospin aurait pu faire comprendre que le doute était en fait permis. Appliquée à 2007, cette précaution montre que rien n'est encore fait et qu'un troisième homme peut devenir deuxième ou même premier le 22 avril prochain.

- troisièmement, les sondages sont des "instantanés" susceptibles d'évoluer. Ce qui compte lorsqu'on les lit, c'est tout autant le niveau atteint par les uns et les autres que la courbe, la tendance qui se dégage sur les trois ou quatre dernières enquêtes. En avril 2002, Jospin et Chirac étaient depuis des semaines sur une pente descendante alors que Le Pen stagnait pour enfin se redresser dans la dernière ligne droite. Ceux qui avaient prolongé les courbes théoriques de quelques jours et intégré les marges d'erreur savaient qu'entre le candidat socialiste et le leader frontiste, la partie seraient probablement plus serrée qu'annoncée.

- quatrièmement, on a découvert en 2002 un phénomène jamais expliqué auparavant : la sous-déclaration des intentions de vote pour certains candidats, en l'occurence Le Pen, et les coefficients correctifs qu'appliquaient parallèlement les instituts de sondage à leurs résultats bruts pour parvenir à une estimation crédible. Nécessaires dans une telle situation, ces correctifs restent des "solutions maison" peu comparables entre elles et aux bases aussi fragiles que secrètes. Pour 2007, ils sont carrément au coeur de la polémique puisque personne ne sait si et dans quelle proportion la percée lepéniste de 2002 a "libéré" l'expression de la préférence pour le FN, pas plus qu'on ne connaît la manière dont les sondeurs ont revu leur correctif : à la hausse pour tenir compte de la sous-estimation de l'élection précédente, ou à la baisse en supposant que les électeurs d'extrême-droite s'affirment désormais?

- enfin, le caractère récurrent des sondages dans les mois qui précèdent l'élection, la répétition d'une même configuration attendue de second tour (Jospin-Chirac, Gauche-Droite) et la focalisation médiatique sur le duel  devenu entre temps si "évident", ont ensemble donné l'impression à beaucoup d'entre nous que le premier tour était joué et que seul le second portait un enjeu. On oublia massivement que "pour aller en finale il fallait jouer les qualifications et les gagner" et que le dimanche matin du vote les compteurs se remettaient à zéro. Le vote d'adhésion pure et le vote sanction l'ont ainsi emporté sur l'objectif terminale et sur l'aptitude finale à faire gagner un camp plus large.

Ceci dit, des interrogations majeures pèsent encore sur les sondages. Les écarts entre instituts n'ayant a priori pas de raison d'être supérieures aux marges d'erreur de chacun d'entre eux, il est permis par exemple de se demander pourquoi le 29 mars 2007, IPSOS donne au second tour N. Sarkozy vainqueur de S. Royal avec 53,5% contre 46,5% alors que le même jour, CSA donne gagnante S. Royal avec 52%. Une telle différence (5,5 points) paraît vertigineuse. Elle l'est tout autant au premier tour entre CSA, BVA, IFOP et IPSOS, qui le 29 ou le 30 mars ont estimé le candidat UMP à 26% pour l'un et 31,5% pour l'autre, la candidate PS entre 23 et 27%, et François Bayrou entre 17,5 et 21%.

Plus largement, c'est l'indépendance des instituts de sondage qui, personnellement, me pose les plus lourdes questions. Il ne s'agit pas là de les mettre en accusation sans procès, mais de se demander quelle relation ils ont avec ceux qui les font vivre et ceux qu'ils aident à vivre, c'est-à-dire les grands groupes de presse. Ces derniers sont aujourd'hui en France tous aux mains de financiers ou de marchands d'armes (Dassault, Lagardère) dont l'intérêt propre - qui transparait dans leur ligne éditoriale de manière plus ou moins édulcorée - est de voir gagner un candidat libéral et "interventionniste" sur le plan diplomatico-militaire. Si vous me suivez, Nicolas Sarkozy était certainement dès le départ celui qu'ils souhaitaient voir atteindre l'Elysée. Cet axiome étant posé, il est permis de croire que les grands journaux français, avec l'aide des sondages qu'ils paient ("le client est roi"), avaient intérêt à développer la stratégie suivante.

En phase 1, surmédiatiser Sarkozy et faire de son ambition présidentielle une chose naturelle, évidente pour tous, sans concurrence dans son camp. Phase 2, pour s'assurer de son investiture, créer par les mêmes méthodes un adversaire "à sa taille" que seul lui, à droite, est susceptible de battre, mais qui n'est pas nécessairement le plus attendu, le plus expérimenté ou réputé le plus efficace et dangereux. Ce fut Ségolène Royal, avec l'aide d'une touche de "glamour" et de "people". Phase 3, en la distinguant comme la seule de sa famille politique capable de battre Sarkozy, faire avec Royal ce qu'on a fait avec lui pour qu'elle devienne officiellement la candidate du PS. Phase 4, commencer à frapper sur cette dernière qu'on ne veut pas voir gagner, souligner ses faiblesses et ses erreurs alors qu'on tait celle de son rival. Phase 5, faire émerger un troisième homme qui grignote plus sur la candidate PS plus que sur le candidat UMP de manière à "assurer le coup" et tenter d'obtenir un second tour exclusivement libéral pour être certain de disposer d'un pouvoir "favorable".

On pourrait en être là. Paradoxalement, ce qui me confirmerait cette cynique stratégie c'est le fait que la plupart des instituts ne livrent au public qu'une seule hypothèse de second tour, entre Royal et Sarkozy, et ce malgré l'expérience de 2002. En fait, les rares enquêtes évaluant une finale avec Bayrou ont toutes montré qu'il l'emporterait, tout simplement parce qu'il serait dans chacun des cas de figure le "moins pire" sur lequel se rabattrait le camp absent d'un tel second tour. Et cela va tout de même à l'encontre du souhait suprême des grands propriétaires de médias. Il faut donc se servir du candidat UDF tant qu'il fragilise essentiellement Royal, mais s'il affaiblit Sarkozy il peut être utile de faire dégonfler la bulle...

Ce n'est qu'une opinion, mais je l'enrichis d'un pronostic : 1. Sarkozy 25%, 2. Royal 21%, 3. Bayrou 20%, 4. Le Pen 19%, 5. Besancenot 5%, puis Buffet, Laguiller, Villiers à 2%, Bové, Voynet, Nihous et Schivardi à 1%.

F. MAUCCI

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28 mars 2007

La Gauche et la Nation : Royal a-t-elle raison ?

Dans la foulée de Nicolas Sarkozy et de sa proposition de création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, Ségolène Royal a elle aussi abordé le thème de la Nation. Elle a entre autres défendu l'apprentissage de la Marseillaise à l'école, et souhaité que chaque français aient chez lui un drapeau bleu-blanc-rouge. Ces paroles ont heurté une partie de la Gauche, qui la taxe de flirter avec les thèses de d'extrême-droite, de contribuer à les répandre et de perdre aussi en lisibilité. A-t-elle eu raison? A-t-elle eu tort?

J'ai envie de répondre qu'elle a agi ici comme elle le fait depuis 6 mois, c'est-à-dire depuis la campagne interne de la primaire socialiste. Elle a l'intelligence d'aborder des thèmes que la Gauche a laissé à la Droite ou à pire, mais au lieu d'innover et de développer une vision progressiste sur ces questions, elle se contente de prononcer des mots-clés ambigus qui flairent plus le conservatisme, la nostalgie ou le préjugé qu'autre chose. De Ségolène Royal, on est en droit d'attendre autre chose. D'un candidat porté à ce "potentiel" par des militants socialistes, on attend mieux.

D'accord, il ne fallait pas abandonner la Nation à Sarkozy et Le Pen. Chevènement le dit depuis dix ans, et de nombreux sociologues alertent la Gauche sur ce point depuis au moins aussi longtemps. Dès lors qu'un élément central du contrat républicain est détourné de sa signification historique et restreint à un instrument de ségrégation mentale et de repli, nous devions en tenir compte et le réinsérer dans notre discours, le remettre en débat.

Mais fallait-il n'aborder la Nation qu'avec des symboles, sans paroles fortes et nouvelles? Même s'il fallait réagir aux propositions nauséabondes de l'ex-ministre de l'intérieur, fallait-il attendre qu'il ait investi le terrain de l'identité nationale pour proposer une vision de Gauche de la Nation? Quitte à parler de la Nation, fallait-il se limiter à des évocations ou en faire un pilier du pacte présidentiel?

Car la Gauche et la Droite n'ont pas la même vision de ce "concept" - oui, oui, un concept. Au Front National et chez ceux qui cherchent à le copier, malheureusement aussi pour un grand nombre de Français au cerveau lepénisé, la Nation est ethnique, c'est celle du sang. Pas nécessairement du sang versé contrairement à ce que suggèrent les postures martiales de ceux qui s'en gargarisent, mais plutôt le sang de l'hérédité. Cette définition de la Nation est pétrie d'injustice, d'aveuglement face aux réalités, de racisme et de méconnaissance de l'Histoire de notre pays. Si la Gauche ne rappelle pas ou ne donne pas un autre contenu lorsqu'elle en parle, elle contribuera elle aussi, sans le vouloir, à véhiculer ce triste déguisement du concept de Nation parce qu'il est simplement, en ce moment précis, son contenu accolé dominant. Il faut inverser la vapeur si on ne veut pas y être piégés.

La Nation, c'est un "ciment multifonction" dont on a plus que jamais besoin. Brandie en 1789, elle est la raison philosophique de l'égalité, de la souveraineté du peuple, elle est le fondement de la démocratie. Mais elle est aussi le socle de la solidarité, par l'impôt, les services publics ou la protection sociale. Elle reste pour longtemps l'instrument à travers lequel  nos représentants défendent une vision du monde auprès des leaders d'autres peuples, dans les institutions internationales. La Nation, ce sont les droits et les devoirs reconnus tacitement par tous et qui font le "vivre ensemble". La nôtre a admis comme un principe inamovible qu'elle allait au-delà de la différence d'origine, d'opinion et de croyance, elle a même inventé la notion de laïcité pour les surmonter. Bien sûr tout n'est pas rose sous le drapeau tricolore. Mais en entrant dans ce thème, Ségolène Royal devait à la fois juger le passé et proposer un cap ; elle en a raté l'occasion.

En premier lieu, elle aurait pu mêler le mot de Nation aux paroles qu'elle avait déjà prononcées il y a plusieurs semaines sur la France mère de tous ses enfants et riche de sa diversité, et montrer qu'entre assimilation et communautarisme la recherche d'un "melting-pot à la française" est possible et même souhaitable. Pour répondre au couplage osé par Sarkozy entre immigration et identité nationale, elle aurait gagné à affirmer que pour "faire Nation" dans un contexte d'immigration, il aurait fallu que celui qui accueille et qui veut transmettre ses codes fondamentaux soit le premier acteur de l'intégration, et qu'en la matière nous avons collectivement échoué parce que nous ne nous sommes pas donnés les moyens adaptés et suffisants, et que nous avons préféré exiger des arrivants ou de leurs descendants qu'ils "s'intègrent" par leurs seuls efforts, malgré les discriminations dont ils faisaient l'objet, les handicaps économiques dont ils étaient porteurs et les signaux de défiance que l'Etat lui-même a trop adressé à ses "minorités visibles".

En second lieu, il était possible pour Ségolène Royal de tenir un discours sur la Nation qui associe cette dernière - pour la mettre en mouvement - à une "mission urgente", aussi bien intérieure qu'universelle, une mission écologique par exemple. Elle pouvait invoquer la Nation comme un instrument de prise de conscience et de mobilisation générale face aux fractures que provoque le libéralisme et aux égoïsmes qu'il protège dans notre société. L'intérêt de la Nation dans sa cohésion et sa recherche de progrès n'est-il pas supérieur à celui d'une caste privilégiée qui en pompent les forces? Par cette entrée-là, elle pouvait ajouter une justification à de futures politiques exigeantes en matière de logement et de mixité sociale, de formation des jeunes...

Elle pouvait faire prende corps à cette Nation en l'appelant à relever ces défis à travers une voie nouvelle, originale, qui puisse devenir un modèle pour le monde comme l'a été autrefois notre République. En rappelant que la Nation est avant tout une "communauté de destin" mais de destin librement choisi, elle pouvait même replacer l'envie démocratique aux échelles où ce destin se joue et notamment celle de l'Europe.

Voilà qui aurait été positif et qui aurait pu, en modifiant les valeurs attachées à ce concept, enlever un précieux cache-sexe au discours de l'extrême-droite et de ses calques. Ségolène Royal n'y a pas pensé, ses proches non plus ou n'ont-ils pas été entendus par la candidate. Sa posture a eu les effets inverses de ceux qu'on pouvait escompter. Ses mots ne sont pas graves, mais dans accompagnement construit ils résonnent mal. Il y a des millions de Français qui sans drapeau c'est-à-dire sans démonstration, ont cette fierté intérieure qu'on appelle patriotisme, et qui l'ont à la juste dose, celle qui donne envie de défendre l'image et la place du pays mais maintient le discernement sur nos propres défauts politiques ou travers collectifs. Ils peuvent avoir été décontenancés par ce passage du discours de Madame Royal. Puis il y a l'hymne, dont la mélodie peut nous rassurer, nous remémorer, nous enjouer, nous émouvoir selon le contexte, mais qui contient aussi une plaie que sont ses paroles. Etait-il judicieux de mettre le doigt sur "le sang impur qui abreuve nos sillons" alors que c'est justement ce genre de points d'appui à la haine nationaliste qu'il faudrait nous séparer? Le texte de la Marseillaise valait dans son contexte de naissance puisqu'il a fallu défendre notre régime contre nos voisins, mais il ne fait plus écho à nos valeurs alors que c'est sa mission. Ce n'est pas une urgence politique de le changer - François Bayrou ou Dominique Voynet ont eu d'intelligentes remarques à ce sujet - mais il était encore moins urgent, fût-ce pour tacler Sarkozy, de le verser au débat présidentiel.

Fabrice MAUCCI

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24 mars 2007

Sauvons le thermalisme aixois

Les Thermes Nationaux et le thermalisme « médical » restent au cœur de l’économie et de l’emploi à Aix-les-Bains.

Pourtant leur fréquentation continue de s’effondrer (-18% depuis 2001), leur situation financière est alarmante, et discrètement des changements d’orientation irresponsables sont sur le point d’être engagés.

Pour qu’un débat aussi stratégique pour notre ville ne soit pas confisqué, pour que les Aixois se l’approprient pleinement, Fabrice MAUCCI, l’association Aix Avenir et la minorité de Gauche du Conseil Municipal vous invitent à une :

grande soirée-débat

sur la situation et l’avenir du

thermalisme aixois

vendredi 30 mars 2007 à 20h

dans la grande salle du CINEMA VICTORIA

Citoyens de toute l’agglomération, curistes, employés des Thermes, demandeurs d’emploi, médecins, hébergeurs, commerçants, acteurs du tourisme aixois... Venez nombreux vous informer, enrichir le débat de votre opinion et de vos observations, réfléchir avec nous aux pistes de redressement.

Posté par fabricemaucci à 12:03 - Aix-les-Bains & C.A.L.B. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Hôpital & Polyclinique : ne subventionnons pas la médecine à 2 vitesses

Addendum datant du 24.03.2007 :

Dominique DORD, même s'il ne le clame pas devant des publics élargis, veut la fin de l'hôpital public d'Aix-les-Bains. L'article ci-dessous l'explique clairement. Ajoutons-y quelques précisions. En 2003, au cours d'un Conseil d'Administration de cet établissement, qu'il préside de droit en tant que maire, il avait proposé que la clinique privée de l'agglomération accueille la maternité, les urgences et le secteur "maladie" c'est-à-dire tous les "soins de suite" donc l'activité post-opératoire. Autrement dit l'Hôpital deviendrait uniquement une résidence médicalisée pour le 4ème âge). Au cours d'autres réunions de ce même C.A., il a plaidé pour une "réflexion sur l'avenir de l'hôpital" mais son projet de polyclinique privée sur fonds publics s'est développé sans que les autres membres du C.A. n'aient été réunis. "Réfléchissez, mais je ne vous écouterai pas et je ferai ce que je veux" pourrait être sa devise. Lorsque ledit projet a été rendu public contre son gré par un tract du syndicat F.O., il s'est même emporté en insistant auprès des administrateurs de l'Hôpital en affirmant que leurs débats devaient rester "confidentiels, secrets". Bien sûr, nous avons les preuves de ce que nous affirmons...

Bientôt, une pette remarque sur la Générale de Santé, heureux futur bénéficiaire des largesses dordiennes...

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L'article ci-dessous a été posté le 25.10.2006

Lundi dernier a débuté une nouvelle série de réunions de quartiers, de celles animées par le Maire pour faire croire à une démocratie participative, mais qui sont surtout destinées à assurer sa communication sur des sujets qu’il a lui-même sélectionnés. C’est pourquoi vous n’y entendrez probablement pas parler d’un dossier local pourtant essentiel, qui avance à grands pas sans aucune consultation préalable des habitants ni des élus du bassin aixois. Il s’agit de la réalisation d’une clinique polyvalente à Drumettaz, voulue par le groupe privé Générale de Santé, mais dont la construction serait financée sur fonds publics par la CCLB – dont ça n’est aucunement la mission – en contrepartie d’un remboursement progressif par la suite.

En somme, l’argent que les autorités – dont le député – ne trouvent pas pour financer le service public, elles le trouvent pour faire un prêt à une multinationale qui veut remplacer sa clinique Herbert et s’agrandir sans afficher d’endettement auprès de ses actionnaires ! Les mêmes qui justifient à l’Assemblée le dépouillement de l’hôpital d’Aix par le double effet de la « maîtrise des dépenses publiques » et de la proximité de Chambéry, claironnent une fois rentrés dans leur circonscription qu’il faut tout faire – y compris draguer et subventionner le privé – pour garder une « indispensable couverture sanitaire locale ».

L’argumentaire est rôdé, car les dégâts précédents justifient les suivants. Sans couverture chirurgicale par une clinique sur le secteur aixois, l’hôpital auquel on a ôté ses deux blocs opératoires en 2001 ne pourrait plus sécuriser ni conserver sa maternité et ses urgences. Il a donc suffi à la GS d’exercer un chantage en menaçant de s’installer au Sud de Chambéry pour que plane le spectre de la disparition de notre hôpital public. Le tour est joué ! Mais quel mauvais tour ? Qui peut garantir que l’aboutissement d’un tel projet préservera l’hôpital et une offre de soin accessible à tous ? Rien, vraiment rien…

L’objectif du secteur privé de la santé est de ne s’occuper que des « malades rentables » mais d’offrir un « large panel d’activités pour être crédible et fidéliser la clientèle ». En petit comité Dominique Dord a affirmé qu’il souhaitait voir se développer une maternité sur ce nouveau pôle : qui aura les moyens d’y accoucher ? Si la maternité publique disparaît on dira que les urgences ont plus de raisons d’être à Drumettaz qu’au centre-ville… mais que deviendront les tarifs de la polyclinique quand les patients qui y sont dirigés ne le seront plus par des urgences publiques ? Aura-t-on finalement des malades aisés soignés près d’Aix et des malades modestes transférés d’office sur Chambéry ? On le suppose d’autant mieux qu’actuellement la clinique Herbert n’a même pas de convention tiers-payant avec un gros tiers des mutuelles.

Ces inquiétudes sont renforcées par le fait que dès cette année, l’hôpital d’Aix perd des moyens et des emplois (10 récemment) et risque d’en perdre encore dans sa mission de suite de soins (vraisemblablement 30), malgré un « remplissage » à 92 ou 95%. Les réformes du gouvernement Raffarin (souvenez-vous qui était son fameux conseiller spécial…) ont en effet aligné les budgets des établissements publics sur un niveau de « rentabilité » que les plus petits d’entre eux ne peuvent jamais atteindre, ce qui entraîne leur amaigrissement automatique puisqu’ils doivent coûte que coûte tenir leur équilibre financier.

On nous dit aujourd’hui que le risque sera médical sans la polyclinique privée payée d’avance par tous les contribuables. Mais le plus grand risque ne sera-t-il pas social pour les usagers et financier pour la collectivité ? Il est au moins temps, chers Aixois, de réclamer sur le sujet le débat public qu’il mérite. 

Par Fabrice MAUCCI

Conseiller Municipal d’Aix-les-Bains

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22 mars 2007

4 moratoires pour une réflexion écologique publique

En lisant le Monde avant-hier, j'ai découvert sans étonnement la colère de Nicolas Hulot, constatant que l'Ecologie n'a pas la place qu'elle mérite dans la campagne présidentielle. Comme il a raison. Son pacte écologique avait fait la "une" durant plusieurs semaines, les Français semblaient mûrs pour mettre le développement durable en tête de leurs priorités près de 35 ans après les premières alertes politiques en la matière, et puis plus rien. Nourrit-il quelques regrets de ne pas y être allé lui-même, c'est fort possible et ce serait compréhensible.

J'étais de ceux qui tout en l'approuvant sur le fond, ne lui faisaient pas une totale confiance pour représenter l'écologie politique. Ses proximités avec Chirac ou de grands groupes chimiques dont il est aussi la caution environnementale, me gênaient. J'estimais aussi qu'une élection présidentielle est l'occasion de présenter un projet de société complet, ce que font très bien les Verts même si leur analyse hors-écologie est peu entendue. Enfin, même si c'est peut-être redondant avec mon premier grief, il me paraît évident que l'écologie ne peut être que de Gauche, car elle est au départ une solidarité dans le temps long, avec les humains de demain. C'est la plus forte, la plus abstraite de toutes les solidarités, et quand on voit comme la droite ignore celle qui est à accomplir pour le présent, visiblement et urgemment, on n'imagine pas qu'elle soit en volonté d'organiser la société du développement durable, dans laquelle la préservation du monde est un coût, un de ceux qu'elle récuse. Hulot et son curseur flou n'étaient par conséquent pas une garantie d'efficacité et de cohérence.

En Janvier, j'étais donc de ceux qui souhaitaient "le beurre et l'argent du beurre", en appréciant l'intrusion de N. Hulot dans le champ politique parce qu'elle portait les thèmes écologiques sur le devant de la scène, mais qui refusaient que sa démarche aille jusqu'à détruire l'écologie politique. Néanmoins, pour tout un tas de raisons qu'il serait un peu long et prétentieux de lister, les Verts n'ont pas pour le moment profité du retrait de l'animateur-globetrotter. Dominique Voynet, que je trouve moins "saignante" que Mamère mais qui reste claire et convaincante sur beaucoup de sujets, ne décolle pas dans les sondages. Les autres candidats ne s'y sont pourtant pas substitués. José Bové est celui qui a le plus de points communs avec elle sur ces thèmes, avec un ancrage plus à Gauche. Parmi les "gros" candidats, Royal a plus à dire mais s'est déjà avancée puis rétractée ou a modifié ses propositions et ses chiffres, sur le nucléaire notamment.

Aujourd'hui, sans se jeter dans l'arène puisqu'il est trop tard, Nicolas Hulot revient sur scène pour demander trois moratoires : un sur le programme autoroutier, un sur les réacteurs EPR, et un autre sur la construction d'usines d'incinération. José Bové ajoute lui un moratoire sur les OGM, qui gagnerait à être précisé - peut-être est-il déjà précis mais la presse le résume simplement. Et bien à tout prendre j'approuve la demande de ces 4 moratoires.

D'habitude je vois là une méthode de contournement, comme l'est visiblement celui que propose Sarkozy sur le "décret Robien" qui à juste titre fâche les professeurs. Mais sur ces sujets, un moratoire laisserait le temps d'un débat véritablement public, seul capable de mettre en route une prise de conscience généralisée, et seul fondement possible à des choix incontestés pour l'avenir. Car même à objectifs écologiques sincères et comparables, voilà des questions trop complexes pour faire l'objet de caricatures ou de déchirures.

Abordons les OGM : leur inocuité n'est pas prouvée et les doutes s'amoncellent même dans le sens contraire, l'utilité des plantes ainsi "améliorées" n'est pas si évidente que cela dans la résolution du défi alimentaire et beaucoup d'autres critères méritent action avant cela (commerciaux notamment), puis la dispersion des gènes modifiés est un risque écologique majeur avec lequel nous ne pouvons pas jouer. Derrière les OGM et leurs bénéfices supposés se cachent aussi, on le sait trop bien, des tentatives de brevetage du vivant et d'emprisonnement économique de centaines de millions d'agriculteurs. La vigilance doit donc être extrême. Mais dire un NON catégorique et définitif au principe même des manipulations génétiques fermerait trop de portes à de possibles progrès, médicaux notamment. Il serait donc légitime et prudent de stopper aussi longtemps que nécessaire - un moratoire, donc - la commercialisation et l'utilisation des OGM en milieu ouvert, et de les limiter à des "biotopes fermés", des sortes de bulles écologiques du type de Biosphère II, créée au Sud-Ouest des USA au début des années 1990.

Même démarche concernant les réacteurs EPR. Des efforts maximum doivent avant tout être faits pour simultanément réduire notre consommation d'énergie et doper notre production d'énergie renouvelable locale. L'objectif sera d'abaisser notre soif de matières premières énergétiques fossiles et/ou carbonées, mais aussi de réduire notre dépendance vis à vis du nucléaire. Pour être réaliste, ce n'est qu'à l'aune des résultats obtenus sur ces plans que nous pourrons envisager ou non - et je souhaite personnellement que ce soit possible - une véritable et forcément progressive "sortie" du nucléaire. Dans mon esprit, il n'est aucunement question de relancer un programme atomique civil destiné à nous permettre de vivre longtemps "au-dessus de nos besoins" énergétiques ; mais nos centrales nucléaires vieillissant, la question du remplacement de certaines d'entre elles se posera prochainement, qu'on le veuille ou non. Le moins sera le mieux, ne serait-ce que parce que ce type d'énergie reste plombé par l'immense double menace de l'accident et des déchets radioactifs. Si sur 56 réacteurs nous devons en renouveler d'ici 20 ans 5 ou 10, quelle technologie devra-t-elle être suivie? Celle que nous maîtrisons peu ou prou, ou une "nouvelle" ? En quoi celle-ci serait-elle un progrès? Là est le coeur du débat "EPR". Les arguments sont très variés, souvent partiaux, c'est pourquoi le moratoire et l'étude "citoyenne" des options possibles doivent être décrétés.

Les usines d'incinération, elles, continuent de faire peur par leur rejets en dioxine, par l'insignifiance des suivis épidémiologiques sur les territoires proches, et par la très faible transparence sur le respect effectif des normes en vigueur. Comme en matière énergétique, il convient avant tout de prendre des mesures efficaces pour réduire les ordures non recyclées, à la source, ce qui reviendra primo à se contenter des structures existantes "re-sécurisées", et secundo d'en fermer d'autres en fonction des progrès réalisés. Le moratoire jouera ici comme un plafonnement des déchets ménagers à produire, rendu possible par une batterie d'incitations, de réalisations, de dispositifs d'éducation ou encore avec une nouvelle législation interdisant les emballages plastiques superflus.

Restent les autoroutes. Au risque de déplaire, je ne crois pas que les pollutions majeures aient pour sources ces infrastructures. Ce sont les circulations urbaines qui en sont responsables. Par ailleurs, le schéma autoroutier français est presque terminé, il "manque" peu de maillons utiles. Prenons donc d'abord le temps d'étudier les quelques cas où d'assez vastes bassins de vie demeureraient "sous-connectés" au réseau actuel, entravant les possibilités d'y développer des activités ou d'y conserver des populations travaillant plus loin. Et n'étudions que ces seuls cas. Avec cette philosophie là par exemple, le tronçon A41 Annecy-Genève qui double une autoroute existante pour raccourcir un trajet de quelques kilomètres n'aurait jamais démarré. Pour le reste des situations, le moratoire doit même devenir un arrêt, ou plutôt un transfert. Transfert modal et transfert d'échelle. Au niveau purement routier, n'investissons plus que sur les voies "très secondaires" dont l'amélioration du tracé ou du gabarit est un gisement significatif de "gain de temps de parcours" et de sécurité, un gage de raccordement aux territoires ouverts sur le monde. Cela concerne essentiellement les liaisons entre les zones rurales isolées, les bourgs proches et les villes moyennes les desservant en services courants. Pour le reste, orientons les moyens privés et l'argent public aujourd'hui consacrés aux grands travaux routiers vers les plateformes multimodales, le frêt ferroviaire, les voies d'eau à grand gabarit, comme vers les transports collectifs régionaux et locaux.

Avec ces 4 moratoires et des objectifs écologiques clairs, la France peut "finir de comprendre tout en commençant à agir".

F. MAUCCI

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18 mars 2007

Gratien Ferrari centriste ? souvenez-vous...

Sur la vague Bayrou il veut surfer. Mais Gratien Ferrari n'est politiuement ni neuf ni vierge... et encore moins centriste. Il est un UDF "ancien moule". L'ancien député-maire qui voudrait redevenir député-maire, appartenait à la composante baptisée Parti Républicain, devenue en 1998 Démocratie Libérale, laquelle avait comme membre Dominique DORD et s'est fondue depuis dans l'UMP. Mais au-delà des étiquettes, voilà la réalité super-concrète de Gratien FERRARI : comme maire - on aura l'occasion de l'écrire plus tard - ou comme député, il est un libéral dogmatique. Le texte ci-dessous, une proposition de loi co-signée par lui et qui date de 1993, est une perle en la matière. Et dire que la ville dirigée par ce Monsieur vivait des remboursements de ladite Sécu...


Au cours des cinquante dernières années, les progrès considérables de la science médicale ont grandement amélioré dans notre pays les moyens de lutter contre la maladie et dans le même temps la puissance publique a généralisé un système qui postule que la préservation de la santé est avant tout une affaire de sécurité collective. Il en est résulté une illusion et un détournement.

  • L'illusion, qu'une intense propagande a voulu imposer, dit que l'amélioration de la santé des Français est due à l'instauration du système de sécurité collective dit de Sécurité Sociale. Elle méconnaît les progrès de la science qui lui sont antérieurs et qui ont produit les mêmes effets bénéfiques dans des pays où il n'y a pas de sécurité sociale. La prolongation de la durée de vie, par exemple, est due avant tout à I'hygiène, aux vaccinations et aux médicaments nouveaux.

  • Le détournement résulte de l'appropriation par un appareil collectif en position de monopole de la majeure partie des moyens nécessaires à I'action de santé. Avec comme résultat :

- pour les personnes : la perte d'un bien propre dont la gestion aurait pu susciter leur intérêt et engager leur responsabilité, en un domaine où I'engagement personnel est indispensable
- pour la puissance publique : la perte de la force de contrôle et d'orientation propre à chaque personne qui ne peut être remplacée par aucune autre ;
- pour les entreprises : des prélèvements toujours plus lourds qui compromettent leur compétitivité et pénalisent l'emploi ;
- pour les salariés : une perte de leur salaire direct qui trouve réduit par le salaire indirect que constituent les prélèvements
- pour tous : un gaspillage qui altère la crédibilité de l'Etat et du Gouvernement, démoralise les citoyens, témoins passifs, et parfois actifs, de mille petits scandales, et finalement compromet la qualité des soins, c'est-à-dire la santé et la sécurité des gens et de la société qu'on voulait garantir. Il est patent, par exemple que la Sécurité Sociale n'a pas pu ou pas su protéger les hémophiles de la contamination par le virus du sida.

La crise économique grave que traverse notre pays achève de condamner le monopole de la Sécurité Sociale. Celui-ci est, par ailleurs, contraire aux directives européennes de 1992 qui, en matière d'assurance, font obligation d'ouvrir le marché de l'assurance-maladie à la concurrence à compter du 1er juillet 1994 au plus tard. Enfin, il est clair que la lutte contre le chômage et le retour à l'équilibre de nos finances publiques rendent urgente une réforme radicale.

Proposition de loi n°665 de novembre 1993, présentée par Jean-Louis BEAUMONT, Didier BÉGUIN, Pierre CARDO, Michel CARTAUD, Daniel COLIN, Serge DIDIER, Michel FANGET, Gratien FERRARI, Alain GRIOTTERAY, François LOOS, Georges MESMIN, Daniel POULOU, Yves ROUSSET-ROUARD, Bernard SERROU, Yves VERWAERDE, Philippe de VILLIERS et Michel VOISIN.

Le texte déclare dans son article 4 : Le monopole de la Sécurité Sociale est abrogé, et l'article 11 : Les cotisations salariales et patronales sont supprimées. La proposition se terminait par un article 20 : Les comptes du régime d'assurance-maladie de la Sécurité Sociale sont apurés avant d'être clos.

Posté par fabricemaucci à 13:58 - Aix-les-Bains & C.A.L.B. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mars 2007

Une petite censure si tranquille

Elle est inconnue (et pour cause), elle est indolore, indétectable. Mais elle n'est pas insignifiante pour autant puisque si elle existe c'est qu'elle a été voulue, et qu'elle avait donc du sens pour celui qui l'a décidée. De quoi s'agit-il? D'une censure. Pas une méchante censure, non ! Pas de celles qui mettent une chape de plomb sur la société ou sur la vérité. Pas de celles absolument incontournables qui caractérisent les dictatures, les totalitarismes ou les régimes "en consolidation" comme a pu l'être la République gaullienne des années 1958-69. Non, rassurez-vous, je veux vous parler d'une censure tranquille, d'une petite, d'une censurette plutôt gentille, ridicule même tant elle est mesquine. D'une censure "à l'Aixoise".

Il y a deux ans environ, peut-être un peu moins, la Mairie d'Aix-les-Bains a commencé à diffuser "en interne" une revue de presse locale photocopiée. La pratique en est courante dans les collectivités. Cela donne une information maximum et ciblée (seules les pages aixoises... et les pages Sports liées à Aix y figurent) à ceux qui en ont besoin pour leur mission tout en économisant les sommes rondelettes que représenteraient 4 ou 5 abonnements par individu ou par service. Les adjoints, le leader de l'opposition que je suis, et l'ensemble des cadres et des chefs de service de la Mairie en sont destinataires chaque semaine. Le dernier groupe représente peut-être 30, peut-être 60 personnes, et c'est sans doute de lui que l'info ainsi transmise "essaime" le plus puisqu'on peut imaginer que des textes circulent, se reproduisent de nouveau pour la famille ou les amis etc.

Si les destinataires "politiques" gardent le réflexe d'acheter certains de ces journaux pour disposer plus rapidement de l'info afin de réagir le cas échéant, c'est moins évident pour les "services" municipaux, qui cherchent ici surtout des données "sur le temps long", sur l'expression des besoins récurrents de la population, sur l'appréciation ou la mise en lumière régulière des chantiers dans lesquels ils s'investissent. Au sein du personnel communal, il est donc probable qu'une partie de ceux qui ont accès à cette revue de presse "s'en contentent" et ne vont pas chercher à retrouver les éditions originales et intégrales pour leur usage personnel. Gardons cela en tête.

Car j'en viens au fait. Cette revue de presse a bizarrement changé de "régime" fin août - début septembre 2006. Alors que depuis l'origine elle faisait place à toutes les pages aixoises du quotidien et des hebdos locaux, incluant ainsi "naturellement" la tribune hebdomadaire que nous octroyait l'Essor Savoyard, elle se mit brutalement à ignorer cette dernière dès la rentrée. Explication avancée? Les "expressions politiques" ne sont pas l'objet de la présente revue de presse. Mais qu'est-ce qu'une expression politique? Quand la Ville présente ses travaux, les met en perspective, n'est-ce pas l'expression de la politique menée par la majorité municipale? Apparemment, non... Par contre, vous êtres priés d'admettre que lorsque la minorité donne son avis sur lesdits travaux ou propose d'autres pistes, ça redevient une expression politique. Curieux, non?

Dernièrement, je me suis beaucoup adressé à la presse locale sur le Plan Local d'Urbanisme. Mais la revue de presse municipale, qui parle de la procédure, des enjeux, "zappe" les articles concernant mon point de vue.

Autre exemple. Il y a 3 ou 4 semaines, un jeune peintre d'un talent exceptionnel - cela saute aux yeux à la seule vue du carton d'invitation - est accueilli au Musée Faure. Pour une fois libre d'obligations familiales et professionnelles, je me rends à son vernissage. Cela fait peut-être 3 ans - depuis que je suis père de famille - que je n'ai pu assister à ce genre d'évènements, et là, compte tenu du style et de la qualité des oeuvres, je ne veux pas être absent. Au moment de l'allocution de l'artiste auquel j'ai posé plein de questions et dit mon admiration, il se trouve que je suis tout près de lui. Là où d'habitude se précipitent les élus qui ne sont venus que pour figurer sur les photos de presse. Les flashes crépitent car il y a 3 ou 4 journalistes. Sans l'avoir vraiment cherché, je sais que je suis probablement sur les images prises ce soir-là, alors que le maire, lui, est absent. Que montre la revue de presse? Un article sans image et un autre avec une photo prise à un tout autre moment du vernissage. Bon, "c'est dommage" me dis-je, même si je me dis que dans un monde idéal, un article sur un vernissage ne devrait montrer que l'oeuvre elle-même ou l'artiste près d'elle. Mais "dommage quand même" parce que je sais trop combien mon adversaire de maire profite de ce genre de situations pour "habiter" les médias locaux, pour y être omniprésent. Je suis le plus pur possible en politique, mais je ne suis pas naïf.

Je ne le suis plus du tout même depuis ce jour de 2001 - je crois - où fut inauguré le relais Assistantes Maternelles d'Aix-les-Bains. Discours inaugural, prise de parole des partenaires financiers... vient la photo de presse. L'endroit est assez petit et nous sommes nombreux. Tous les élus de la majorité, moi-même et le responsable de la CAF sommes alignés en deux mètres au moment où les journalistes prennent les photos. Je ne suis pas sur un bord de ce noble parterre mais presque au centre. Je ne peux donc pas être "coupé au montage" comme ça a pu l'être durant mes 6 premières années de mandat. Les photos sont faites, les individus se dispersent dans la salle et l'ambiance se détend car un pot est offert. J'entame la discussion avec une personne que je reconnais quand, dans mon dos, moins de deux minutes après la première pose, j'entend de nouveau les obturateurs. Je me retourne et j'assiste à une scène surréaliste. On a, sans aucune raison apparente, recomposé l'alignement des "officiels" contre le même mur, et tous les organes de presse refont la photo, sans moi. C'est celle-ci qui paraîtra... Bien sûr, j'aurai pu me moquer d'un tel épisode, car ce n'est pas ça la politique telle que je l'aime. Mais après 6 ans de fonctions électives, on ne peut pas ignorer que dans une ville de 26000 habitants, ceux que vous n'avez pas eu l'occasion de voir personnellement jugent de votre implication AUSSI par la fréquence à laquelle ils vous voient dans leur journal.

Alors forcément, toute petite censure irrite. Une dernière pour la route. Cette revue de presse, qui montre 4 ou 5 fois la bobine du maire par semaine au minimum et qui me "rate" les rares occasions où je peux me rendre aux manifestations officielles, parle aussi des évènements très officiels auxquels la presse est présente sans que la minorité du Conseil ait été invitée. Je suis ainsi surpris d'apprendre que le Préfet s'est rendu sur les quartiers à rénover au mois de février 2007, et je le découvre aussi bien en texte qu'en photo. C'est là une autre forme de censure, plus "en amont". 

Ne vous trompez pas, cette petite digression entre presse et politique n'est pas une pleurnicherie de ma part. Je reste convaincu que ces modestes tracas peuvent se contourner et s'annuler par le travail de terrain, et même si cela m'irrite je finis toujours par oublier très très vite mon agacement d'un instant. Non, à ce niveau, ce que je retiens, c'est que pour masquer délibérément, au yeux d'aussi peu de lecteurs, le peu d'espace médiatique que la minorité du Conseil occupe, il faut être sacrément peu sûr de soi.

F. MAUCCI

Posté par fabricemaucci à 22:54 - Aix-les-Bains & C.A.L.B. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mars 2007

Et en plus, il ne sera(it) pas là !

Mi-décembre 2006, le maire d'Aix-les-Bains et le directeur général des services de la Mairie promettaient aux membres du Conseil Municipal qu'il pourraient "auditionner", lors d'une prochaine séance plénière prévue le 5 février 2007, le directeur des Thermes Nationaux M. Jean-François MICHEL et le nouveau président du Conseil d'Administration de cet établissement. Une mesure plus qu'urgente dans une ville dont le thermalisme est le "moteur historique" mais demeure un sujet quasi-absent des débats municipaux malgré les grosses difficultés qu'il rencontre et fait rejaillir sur l'économie locale.

Le 1er février MM. DORD et GABRIEL, au cours d'un rendez-vous dans le bureau du maire sur lequel il faudra bien que je revienne tant il fut surprenant par ailleurs, réitéraient cette promesse de débat avec les deux principaux responsables des Thermes. Le Conseil, lui, était cependant différé. Puis avant-hier, nous reçûmes l'ordre du jour du Conseil fixé à jeudi prochain, le 8 mars 2007. Et là, stupeur ! Au point numéro 2 figure bien la situation et les perspectives du thermalisme aixois, mais trois "détails" font craindre un débat escamoté :

* cette séance du Conseil compte 21 points à l'ordre du jour et pas des moindres. La durée prévisible de la séance sera-t-elle un prétexte à limiter dans le temps le point numéro 2 bien en-deça de ce qu'il requiert ?

* il ne s'agit apparemment plus d'un "audition" - par les conseillers municipaux - mais d'une information - à destination des ces mêmes conseillers. Disons que ce que j'appele "l'initiative de la parole" a changé de camp. Les élus devront-ils subir une demi-heure de discours sur un futur hypothétique avant d'entrer dans le vif des questions qu'ils souhaitaient poser? Y aura-t-il réellement possibilité de poser toutes ces questions et d'apporter notre analyse?

* le principal intéressé, le directeur des Thermes en place depuis 4 ans, n'est plus annoncé. Seul le haut fonctionnaire récemment nommé Président du C.A. des Thermes, en charge de l'avenir mais aucunement responsable du passé et du présent, serait notre interlocuteur selon les documents municipaux. N'a-t-on pas assez attendu pour fixer une date de Conseil qui conviendrait à M. MICHEL ? Celui-ci - ou d'autres à sa place - aurait-il quelques réticences à expliquer lui-même aux élus aixois son action à la tête de l'établissement ?

Espérons que d'ici jeudi, le tir aura été rétabli et que nous pourrons non seulement auditionner mais aussi l'auditionner LUI.

F. MAUCCI   

Posté par fabricemaucci à 09:09 - Aix-les-Bains & C.A.L.B. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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