Fabrice MAUCCI - Démocratie Ecologie Solidarités

Pour une gauche réformiste, rénovée et décomplexée. Pour débattre à toutes les échelles, d'Aix-les-Bains (Savoie) à la planète entière

08 février 2007

Casanova, Loiseau, Ferrari oncle, Ferrari nièce...

Depuis 40 ans le bilan de la droite aixoise est affligeant : sélection et ségrégation sociales par l'habitat, retards à l'allumage dans toutes les mutations touristiques et territoriales, absence puis superficialité de l'action sur l'environnement ou la culture, clientélisme effréné, démocratie minimale, finances malmenées, services publics indigents ou privatisés, élus aux compétences fragiles... Le changement de génération intervenu en 2001 n'a, au-delà des qualités de communicant du nouvel édile, rien changé sur le fond comme sur la méthode. C'est même probablement pire.

Même si je suis plus attaché à ce qui touche aux "orientations", je m'intéresse aussi aux conflits et à la "cuisine" internes à cette droite locale. Car forte de son avance "sociologique", elle s'est souvent plongée dans la division. Et cette division, bien qu'offrant sur le papier plus de chances à la Gauche de l'emporter, lui a généralement nui à cause d'une focalisation excessive sur le duel Droite-Droite dans les médias, puis in fine dans les esprits, les Aixois terminant la campagne convaincus que l'élection se joue dans ce combat fratricide (ou parricide).

L'affrontement Grosjean-Ferrari a fait plafonner la liste de Jean-Paul Calloud en 1989, puis l'épisode inverse Ferrari-Grosjean a affaibli Georges Daviet en 1995 : la preuve réside dans le bien meilleur score réalisé par ce dernier lors de deux cantonales nettement plus simples à droite ; non qu'il y ait eu ces fois-là parfaite unité à droite, mais parce qu'un favori se dégageait nettement dans la meute. Quant à moi, je pense n'avoir réellement "fait le plein" ni aux cantonales 1998 sur Aix-centre ni aux municipales de 2001, celles-ci marquées par la bataille Dord-Grosjean. En 1998, la presse avait noyé le débat sur les sujets départementaux sous la dispute Dord-Loiseau, faisant croire que là était le suspense. Dord fit 45% au 1er tour mais le maire de Tresserve atteignit péniblement les... 9%, dépassé par le candidat FN à 17%, et votre serviteur à 22%. Qu'en aurait-il été sans un tel battage?

L'avènement de D. Dord aurait du a priori abolir ces tempêtes internes à la droite aixoise. La retraite de ces prédécesseurs et le pedigree de l'individu, élu deux fois député et président de l'UMP savoyard, devait calmer les ardeurs. Mais voilà, le cumul des mandats et sa pratique politique ont ici plus affaibli le bonhomme qu'autre chose. Des adjoints frustrés des cantonales et régionales perdues ou auxquelles il a fallu renoncer, des conseillers municipaux dégoûtés de fournir un travail d'adjoint quand certains adjoints ne sont même plus des conseillers à plein temps, des dossiers qui n'ont pas fâché que la minorité, la traduction locale des tensions nationales et départementales entre UMP et UDF... Ajoutez-y le bal des prétendants et des revenants, un magazine pamphlétaire à parution régulière, et voilà la machine à petits arrangements et pressions amicales repartie.

Aujourd'hui, le tableau est tout sauf clair. Dord retourne aux législatives et aux municipales, bannière UMP. Gratien Ferrari, 72 ans, ancien et dramatique édile de 1985 à 1995, se sent pousser des ailes après avoir été requinqué par une publication "fort critique" sauf à son égard, même s'il n'a aucun projet et des valeurs politiques en tout point identiques à celles de Dord. Ferrari pourrait bénéficier de l'image médiatique de sa fille Laurence, journaliste-phare de Canal+ après avoir été celle de TF1, et réutiliser son ancienne étiquette UDF pour faciliter son travail de sape, mais... L'UDF a déjà quelqu'un dans la place !

Corinne Casanova, jeune conseillère municipale de la majorité de Dord, revendique depuis plusieurs années cette étiquette. Et ce maire si souvent absent et si mal entouré a bien besoin de cette élue qui travaille (beaucoup) sur les dossiers financiers, environnementaux et intercommunaux. Seulement, Mlle Casanova aurait récemment sorti les griffes. Pour ne pas défendre les couleurs de son UDF contre son maire dès les législatives de juin 2007, elle exigerait (le conditionnel reste de mise) qu'en 2008, en cas de réélection, une place de choix lui soit faite. Elle pousserait aussi Dord à accepter que son compagnon Jean-Claude Loiseau (l'ex-rival de Dord), succède à la tête de l'agglomération à André Quay-Thevenon. Un comble car celui-ci est un des rares maires à avoir refusé le passage en communauté d'agglomération ! Pour compliquer le tout, la nièce de l'ancien maire, Marina Ferrari, serait tentée de sauver l'honneur de l'autre clan sans que son oncle ait à se mettre en avant. Charmant, non?

Allez, dormez-bien, la droite aixoise s'occupe de tout, et d'elle d'abord.

Fabrice MAUCCI

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07 février 2007

Le futur Aix-les-Bains : Rien ne va P.L.U.

La révision du Plan Local d’Urbanisme entre dans sa phase finale, puisque l’enquête publique se terminera le 16 février. Ce PLU est chargé de prévoir la cohérence et l’usage futurs de notre territoire communal en fonction des contraintes naturelles, des impératifs écologiques et des besoins économiques, de logement, d’équipements publics, de déplacements ou de loisirs. Mais il est avant tout la traduction en cartes de la ville telle que l’envisage la majorité municipale. De manière plus immédiate, ce document a pour but de rendre possible les projets de l’équipe qui est aujourd’hui aux affaires. Son contenu n’est donc guère surprenant.

A l’évidence il eut été très différent si la Gauche avait été en situation de l’élaborer, même si ponctuellement nous sommes parvenus à imposer certaines des propositions que nous faisons depuis 12 ans : requalification de la zone commerciale des Prés Riants, amélioration du plan du quartier de la Liberté, cheminements piétons entre lotissements voisins, arrêt de l’urbanisation voulue en 1993 par G. Ferrari à Corsuet, plus large possibilité de faire des maisons jumelles et du petit collectif près de l’habitat individuel.

Ceux qui sont allés consulter le dossier d’enquête publique – pas sur le site web de la Ville, c’aurait été trop simple – ont cependant pu apprécier deux « belles surprises » attachées à ce PLU.

La première, c’est l’avis du Préfet, visiblement irrité par la légèreté avec laquelle l’équipe de D. DORD traite ici le problème du logement. Extraits : « le volet Habitat demande à être revu et complété » car il « ne comprend aucune estimation des besoins », « le projet n’évoque pas le logement des personnes défavorisées », « en matière de mixité sociale, il n’y a pas d’objectif affiché alors que [l’offre de logements locatifs sociaux] ne permet pas de répondre à la demande ». Leur nombre représente en effet 13% du total des résidences principales contre 17% en début de mandat et 14,4% début 2005. Sur le chapitre Eau potable, le Préfet enfonce le clou en indiquant que la Ville intègre au PLU des données obsolètes et fausses, et ne se préoccupe pas de la sécurisation de ses ressources !

La seconde, c’est la révélation faite par le PLU que les reculades de D. DORD sur les bords du lac (3ème marina, bungalows de Mémard, destruction du camping) sont feintes. Le nouveau classement des terrains prévoit bel et bien la réalisation de ces projets inutiles ou mal situés... sans doute après 2008 ! Dans ce PLU figure en fait toute la « philosophie » de la majorité. A travers lui, elle cherche par exemple à faire payer la future prolongation du boulevard de Paris par les seules dix dernières maisons à construire dans le secteur. Elle veut urbaniser le sommet de la colline de Chantemerle malgré l’insuffisance des voies de desserte et l’absence de réponse à ce problème. Aucun espace n’est réservé près du rivage pour un équipement touristique majeur, aucun schéma complet de déplacements doux n’est présenté, on minimise l’impact des inondations lacustres, et on ne s’autorise même pas à donner demain un visage plus urbain à certains secteurs qui y gagneraient (Rondeau, Est du quartier de la Liberté).

Citoyens, un tel PLU mérite donc que vous alliez remplir le registre d’enquête publique pour en souligner les manques. C’est aussi ça la démocratie participative.

par Fabrice MAUCCI

Conseiller municipal d’Aix-les-Bains

Posté par fabricemaucci à 16:54 - Aix-les-Bains & C.A.L.B. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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