31 janvier 2007
La voiture partagée : une idée à essayer vraiment
Il y a plus d’un an et demi, un Aixois en recherche d’emploi a décidé, tout en définissant sa reconversion professionnelle et en cherchant à créer son entreprise, de nous sensibiliser au principe de la « voiture partagée ». Son premier véhicule destiné à cet usage, une Peugeot 1007 jaune achetée avec ses indemnités, tous les Aixois l’ont déjà vu près de la gare ou du parc des Thermes.
L’autopartage est une piste innovante dans la recherche de modes de déplacements plus écologiques, moins coûteux et moins consommateurs d’espace que la voiture pour chacun. Elle ne se confond pas avec le covoiturage, qui consiste lui à mieux remplir les véhicules des particuliers. Ici, les véhicules appartiennent à une structure porteuse : un service public, une SARL, ou dans 8 cas sur 10 une association, une coopérative dont les usagers peuvent être « associés ». Les PME qui n’ont pas la pleine utilité d’une voiture de fonction ou qui hésitent à augmenter leur propre parc, les étudiants, les familles sans voiture, celles qui n’en ont pas besoin tous les jours ou souhaitent économiser l’achat d’un deuxième véhicule qui roulerait peu (< 10000 km/an), sont les premiers usagers potentiels de la voiture partagée.
Ils versent d’abord une caution non encaissée et un abonnement (15€/mois), celui-ci pouvant être réduit et fusionné avec un abonnement au train ou au bus, comme à Grenoble. Le véhicule, qui stationne en théorie près d’une borne et dont on connaît la disponibilité en temps réel, est ensuite réservé à tout moment y compris par internet, d’une heure à trois mois à l’avance. Son utilisation est facturée à l’heure (de 1,4 à 2,6 € selon le type de véhicule) ou à la journée (de 18 à 26€), énergie comprise, ce qui donne un coût kilométrique voisin de 0,25€/km sans souci d’entretien ni de stationnement hors période d’usage, quand la voiture individuelle n’épargne pas ces préoccupations et prend plus du double au portefeuille.
Complémentaire des transports collectifs, mieux adapté à l’urbanisation diffuse de nos périphéries urbaines, l’autopartage économise ou libère des surfaces de parking. En Suisse, les 56000 clients du réseau Mobility ont évité en 2005 l’émission de 11000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère grâce à cette utilisation plus rationnelle de la voiture (1 partagée en remplace 4) et au choix de véhicules peu gourmands, hybrides ou électriques.
Déjà présent dans 650 villes dans le monde dont une dizaine en France, et dans des agglomérations de taille moyenne en Suisse ou en Belgique, ce système peut parfaitement réussir dans notre bassin de vie. Pour cela, la collectivité doit être motrice. Les intercommunalités autour de Montmélian, Chambéry et Aix-les-Bains voire Annecy doivent travailler de concert, financer l’information et la promotion, acheter une partie du parc de véhicules (12 ou 15 suffiraient au départ), et mettre en relation tous les acteurs susceptibles de fluidifier la démarche (SNCF, réseaux de bus, loueurs). Le groupe Aix Avenir et la Gauche aixoise souhaitent au plus vite cet investissement à 1,5 € par habitant !
par Fabrice MAUCCI
Conseiller municipal d’Aix-les-Bains
Commentaires
Le covoiturage de retour à Paris
Pour information, je place l'article ci-dessous extrait du site www.gart.org, association présidée par Michel Destot en faveur des transports en commun.
Caisse-Commune
A Paris, l'autopartage fait surface
Le 23 janvier dernier, Denis Baupin, adjoint au maire de Paris en charge des Transports, membre du conseil d'administration du GART, Pierre Castagnou, maire du 14ème arrondissement, ainsi que Loïc Mignotte, directeur de la société Caisse-Commune, ont inauguré la première station d'autopartage en surface près de la gare de Denfert-Rochereau. Dix autres stations souterraines existant d'ores et déjà, ce nouvel équipement vient donc renforcer l’offre dans la capitale. Pour Denis Baupin, l’autopartage constitue « un chaînon manquant » des pratiques de mobilité et pourrait à terme s’insérer dans « un bouquet de services ». Reste à développer une politique d’abonnement à tarif réduit qui viendrait compléter l’offre de la carte orange. Parallèlement à cette ouverture, quatre nouvelles stations sont déjà programmées (Pasteur, Lecourbe, Cambronne et Montparnasse). Ces stations "nouvelle génération" font appel à un dispositif innovant : le véhicule - rendu intelligent par son boîtier placé derrière le pare-brise - reçoit les réservations par le réseau GSM. L’accès se fait directement en appliquant sa carte sur un boîtier situé à l'intérieur du véhicule : plus besoin d'attendre au comptoir, plus besoin de remplir des formalités. De plus, cette voiture, en libre service à la minute, est disponible 24h/24h et 7jours/7. Selon Caisse-Commune, 97% des réservations sont actuellement satisfaites. Pour répondre à la demande, cette association (précurseur de l’autopartage en France dès septembre 1999) met donc en place un programme d’ouvertures de stations en plein air au rythme de deux inaugurations par mois (soit, à partir de juin 2007 : 20 stations et un parc de 100 véhicules). Confiant pour l’avenir de l’autopartage en France, Loïc Mignotte a souhaité rappeler que le « contexte avait changé en 2006, avec le soutien de l’ADEME et du GART, rédacteurs d’une ébauche de charte, ainsi qu’avec la proposition de loi déposée par le Sénateur Roland Ries ». Dans les mois qui viennent, l’ambition de Caisse-Commune est de couvrir tous les arrondissements afin d’assurer aux parisiens un véritable service de proximité. Caisse-Commune sur le Net : www.caisse-commune.com.
Plus d'informations !
Tant qu'à faire de la publicité pour ce type de solution (ce qui est une bonne chose !), ne serait-il pas possible de donner les coordonnées (site web, téléphone ...) de l'entreprise qui tente de lancer l'idée sur Aix les Bains ?
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